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Le remplacement médical - Conseils pratiques et Astuces
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Le remplacement médicalPour le remplaçantLe médecin remplaçant et sa retraite

Comment un médecin remplaçant doit-il préparer sa retraite ?

dimanche 26 décembre 2004.

Si la question semble saugrenue au premier abord lorsqu’on vient du monde salarié [1] et que l’on est qu’au tout début de sa carrière (on commence généralement par des remplacements), la retraite est une chose très importante pour ne pas s’en occuper dès le début de l’exercice professionnel.

Dans ce présent article, nous aborderons les moyens à votre disposition pour prévoir votre avenir.

Pourquoi devoir se constituer une retraite complémentaire ?

En tant qu’actif vous devez (sauf si vous êtes non thésé mais c’est reculer pour mieux sauter. J’élimine aussi ceux qui ne sont pas tenus de le faire pour insuffisance de recettes, en règle générale le remplacement n’est alors qu’une activité annexe) cotiser de façon obligatoire à une caisse de retraite. En tant que médecin libéral, c’est la caisse autonome de retraite des médecins français (La CARMF).

En échange de cette cotisation, celle-ci vous garantit (sauf banqueroute) de vous reverser lorsque vous prendrez votre retraite une rente à vie.

"SUPER !" vous dites vous. Mais c’est sans avoir lu les petites lignes... :

Cette rente a un montant qui n’est pas directement proportionnel à ce que vous cotisez.

En fait il existe une sorte de "monnaie" nommées "point" que vous achetez avec vos cotisations. Le cours d’achat du point varie au fil du temps comme à la bourse (plus la CARMF a besoin d’argent et moins vous aurez de points avec votre cotisation, si cet ajustement ne lui suffit pas, elle va en plus augmenter la cotisation).

Mais ce n’est pas tout ! Une fois en possession de points, il faut bien dire que vous n’allez pas en faire grand chose (on ne peut les échanger contre des Dollars ou des Francs Suisses...).

La seule façon de récupérer ses points et en fait au moment du départ à la retraite : Si vous rassemblez les conditions nécessaires et suffisantes pour partir à la retraite [2] alors la CARMF va vous calculer le montant de votre pension en multipliant votre nombre de points par la valeur du point (0,484 € à ce jour). Vous voyez alors que la CARMF se laisse à nouveau une marge de manoeuvre en pouvant ajuster comme elle l’entend la valeur du point.

"Soit ! Et alors ?" vous dites vous ce coup-ci, "pourquoi la CARMF voudrait-elle changer ces chiffres ?"

C’était sans penser un tout petit problème : l’action conjuguée du modèle par répartition (les actifs payent les pensions des retraités et ne capitalisent que très peu pour leur propre retraite) et la démographie médicale des prochaines années.

En fait dans une grosse quinzaine d’années, il y aura quasiment autant de cotisants que de retraités sous le triple effet du Baby Boom, de l’alongement de l’espérance de vie et de l’ouverture massive de la filière médicale fin des années 60.

L’évolution prévisible du système est donc telle que pour éviter la cessation de paiement, le point va couter plus cher à acheter et sa valeur de liquidation va diminuer. En gros vous donnez plus pour avoir moins (on dit merci la répartition dans un système où la masse des actifs est régulée par décrêt (le numerus clausus)).

Dans une telle situation, il devient indispensable de compléter cette retraite de base par un acte d’épargne ou d’investissement complémentaire.

Qu’est-ce qu’une retraite complémentaire ?

Une retraite complémentaire est donc une retraite dont les fonds proviennent d’un acte volontaire -en sus- de la cotisation obligatoire au régime de base. Elle n’est pas plafonnée (vous pouvez investir 1 Million par an si vous les avez :) )

Il existe 3 grands axes pour se la constituer :
-  l’épargne (bancaire, d’assurance)
-  la gestion active de fonds, c’est à dire faire de l’argent avec de l’argent (jouer en bourse quoi)
-  l’investissement à revenus

Avec quoi construit-on sa retraite complémentaire ?

La retraite se construit à son rythme mais il faut régulièrement penser à épargner (intérêt pour les distraits des prélèvements automatiques ou investissements programmés, pas très productif voire contreproductif pour ceux qui veulent faire une gestion active).

Alors que faire ?

-  D’abord on remplit les livrets et autres comptes à vue afin de s’assurer un coussin pour parer aux aléas de la vie, aux éventuelles périodes de disette ou pour préparer une future installation (capital pour l’installation mais aussi moyen de subsistance si les premiers mois sont durs).

-  puis on met le surplus de côté pour la retraite sur un contrat d’assurance-vie en Euros ayant un bon rendement

Son avantage est qu’on en sort avec peu de charge fiscale après 8+ ans de détention, qu’il a un rendement garanti de 3% (en général) hors frais de gestion mais que celui-ci est souvent plus important et que les versement sont idéalement (ce n’est pas vrai pour tous les contrats, vérifiez bien) libres. Les sommes accumulées sont en partie disponibles grâce aux rachats partiels en cas de coup dur. La retraite venue on récupère son argent sous forme de capital ou de rente. En cas de décès, le capital est versé au bénéficiaire nommé hors frais de succession.

-  Le PERP, comme tout produit tout neuf la lisibilité n’est pas très bonne surtout entre ce dont sont capables les différents établissements bancaires et de bancassurance.

L’intérêt est surtout la défiscaliation des sommes versées : en effet, dans la limite de certains plafonds annuels, les versements sur un PERP sont déductibles du revenu annuel net. Mais malheureusement, en sens inverse la sortie au jour de la retraite (qui ne peut se faire que sous forme de rente) est imposée au titre de pension (IR + CSG-CRDS).

-  L’assurance-vie "loi Madelin" : apporte en plus de l’assurance-vie une déduction d’impôts sur les versements qui deviennent par contre obligatoires (on ne peut pas ne pas alimenter un contrat madelin une mauvaise année, tout au plus on peut moduler ses versements). La sortie ne peut se faire qu’en rente viagère imposable (Ca ressemble donc un peu au PERP).

Ensuite il ya tous les autres types d’épargnes ou investissements bancaires (PEL, PEA, SCPI) ou de moyens de générer des revenus supplémentaires (investissement immobilier locatif en particulier)

Enfin au même titre que le PEA, pour les joueurs il existe les contrats d’assurance-vie multisupports à gérer comme un mini compte de titres.

De mon point de vue, l’important est d’ouvrir très précocemment un contrat d’assurance vie en Euros afin de prendre date. Il sera toujours temps dans 8 ans de voir si vous voulez le garder en l’état pour la retraite ou le "craquer" pour faire un achat (le cabinet pour l’installation ?) tandis que parallèlement vous aurez peut-être d’autres moyens d’épargne. Les sirènes de la défiscalisation (PERP, AV Madelin) ne sonnent que très peu aux oreilles des remplaçants qui ne génèrent pas un CA monstrueux. Cela viendra plus tard :).

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[1] De moins en moins, l’urgence démographique atteint aussi le monde salarié maintenant

[2] de savants calculs vous permettent de définir votre taux de retraite, l’important est de se souvenir qu’à 65 ans vous avez alors droit de toute façon au taux plein de même qu’à 60 ans si vous avez totalisé 160 trimestres d’activité non simultanée (information donnée au jour de rédaction de l’article)

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